The Buttshakers un groupe conduit par la présence féline et rugissante de Ciara Thompson qui lorsqu’elle s’efface, observe guitare et orgue s’affronter, trombone s’approprier les dernières mesures pour un solo funk to the bone. Laisse dériver le titre pour une virée instrumentale où le beat robotique prend le contrôle pour s’enfoncer dans une mystique vaudou-psychédélique d’où l’auditeur ne sera tiré que par l’intervention de cuivres salvateurs.
La poussière d’incantations de six cordes western incrustée dans le groove comme une menace sourde, une explosion qui n’aura jamais lieu et que Ciara s’attachera à contenir tout en l’amplifiant.
Oubliant les automatismes de compositions qui sont les leurs depuis une décennie, ils ont fait d’Arcadia leur album le plus abouti en termes de compositions et d’écriture, chaque membre du groupe ayant eu la possibilité de faire valoir ses idées.
Sombre et pourtant lumineux, Arcadia reste fidèle à l’esprit de la soul : l’espoir dans la mélancolie même quand la fêlure est installée, l’assurance que du chaos sortira le meilleur. Fidèle aussi aux principes fondateurs du groupe depuis toujours, le socle sur lequel il s’est construit sur disques comme sur scène : faire lever le public, allumer en lui cette furieuse envie de danser.